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Personnes âgées et dépendance : choses utiles à connaitre pour les familles


Une situation de dépendance ou de perte d’autonomie peut avoir de lourdes conséquences, tant sur la vie de la personne qui subit cette situation que sur celle de ses proches.

Heureusement, il existe des solutions pour prévenir cette perte d’autonomie, mais aussi financer l’accompagnement nécessaire.

La dépendance en France

En France, on recensait environ 1,3 millions de personnes dépendantes en France en 2017(1). Et, avec l’allongement de l’espérance de vie, et les nouvelles vagues de personnes de plus de 85 ans à venir (les baby-boomers commenceront, en effet, à approcher des 85 ans en 2025), les études montrent qu’en 2050, il y aura près de 2,2 millions de personnes en perte d’autonomie en France(1). Mais qu’est-ce que la dépendance précisément ?

On parle de dépendance quand une personne subit une perte d’autonomie. C’est-à-dire quand elle commence à voir ses fonctions motrices ou psychiques diminuer. Cet état rend souvent impossible la vie sans accompagnement, car les personnes dépendantes peuvent ne plus être en capacité de s’occuper de leur logement ou d’elles-mêmes.

Cet état peut survenir pour différentes causes :

  • l’avancement de l’âge : presque une personne sur deux est reconnue comme dépendante après 80 ans ;
  • des problèmes physiques : suite à une maladie ou un accident ;
  • des problèmes psychologiques ou neurologiques : suite, là aussi, à une maladie, ou un choc par exemple.

Malheureusement, la dépendance a un coût élevé. En effet, certains assureurs estiment à 1 800 € par mois le coût de d’une situation de perte d’autonomie à domicile contre 2 800 € par mois en établissement spécialisé. Montants que les pensions de retraite ne peuvent pas couvrir entièrement, ce qui pousse les familles des personnes âgées à prendre en charge les frais restants (plus de 1 000 € pour chacune des situations).

Comment savoir si un de nos proches est dépendant ?


Malgré tout, la dépendance ne s’installe généralement pas d’un seul coup. Il existe des signes précurseurs que vous pouvez surveiller chez vos proches.

Quand et comment la dépendance se manifeste chez une personne âgée ?

En moyenne, la perte d’autonomie ne s’installe qu’après 80 ans (vers 78 ans pour les hommes et 83 ans chez les femmes). Elle se traduit souvent par des difficultés à se déplacer ou à se lever, à maintenir son équilibre, des troubles de la mémoire, de l’humeur, voire même d’autres problèmes de mobilité (des difficultés à s’habiller, faire sa toilette…).

Si vous remarquez un ou plusieurs de ces changements chez votre proche, vous pouvez vous rapprocher de son médecin traitant. Ce dernier pourra, après une consultation, vous informer davantage sur son état de santé.

Comme dit précédemment, un état de dépendance peut se développer pour diverses raisons, la première étant l’âge. Il peut aussi être le résultat d’un problème physique ou médical (les séquelles d’un accident cardio-vasculaire par exemple) ou d’un problème psychique ou neurologique (les maladies d’Alzheimer et de Parkinson sont d’ailleurs les plus fréquentes).

Comment mesurer la dépendance de son proche ?

Si vous avez repéré les premiers signes d’une perte d’autonomie chez votre proche, vous pouvez vous rapprocher de professionnels qui pourront évaluer le niveau de sa dépendance mais aussi vous permettre de bénéficier d’aides pour vous soutenir.

La grille AGGIR

La grille AGGIR est une méthode pouvant d’ailleurs servir à cette évaluation. Utilisée par des professionnels départementaux, elle est indispensable si vous faites la demande de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour votre proche.

Cette grille divise la perte d’autonomie en 6 niveaux : du niveau 1 qui correspond à une dépendance totale au niveau 6 qui sous-entend que la personne est autonome. Pour ce faire, elle évalue 10 activités physiques et mentales :

  • Communiquer et se comporter d’une manière acceptée par les normes de la Société,
  • Se repérer dans l’espace et le temps,
  • Changer de position
  • Se déplacer à l’intérieur du domicile et à l’extérieur,
  • Etc.

La grille AGGIR évalue aussi 7 activités sociales et domestiques afin que le professionnel puisse avoir une vision globale de la situation de la personne en perte d’autonomie (préparer les repas, gérer ses affaires et ses finances, réaliser les travaux ménagers courants…).

En fonction de cette évaluation, le niveau de dépendance de votre proche sera défini :

  • Les niveaux GIR 1, GIR 2, GIR 3 et GIR 4 représentent une dépendance totale ou partielle qui entraîne des besoins importants en termes d’accompagnement. Ils peuvent donc bénéficier de l’APA.
  • Les niveaux GIR 5 et GIR 6 montrent une dépendance moins importante et ne sont pas éligible à l’APA, mais peuvent percevoir une aide de leur caisse de retraite.

Plus de détails à ce sujet : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1229

La mesure des Activités de la Vie Quotidienne (AVQ)

La mesure des AVQ est une grille qui est souvent utilisée par les assureurs. Elle mesure les capacités d’une personne à réaliser les tâches élémentaires de la vie de tous les jours :

  • Le changement de position,
  • Les déplacements à l’intérieur,
  • L’alimentation,
  • La toilette,
  • L’habillage,
  • La continence.

Plus de détails à ce sujet : http://www.neuromedia.ca/evaluation-des-activites-elementaires-de-la-vie-quotidienne-avq/

Les Activités Instrumentales de la Vie Quotidienne (AIVQ)

Contrairement à la mesure des AVQ présentée ci-dessus, la mesure des AIVQ se repose essentiellement sur des activités quotidiennes qui ne sont pas nécessaires dans la vie quotidienne. Il s’agit par exemple d’évaluer la capacité d’une personne à prendre soin des autres ou d’un animal, de gérer ses finances…

Le test de BLESSED et le test de FOSLTEIN

Il s’agit, cette fois-ci, de tests neuropsychologiques qui servent à évaluer une situation de dépendance ayant pour origine un problème psychologique ou neurologique.

Dans un premier temps, le médecin va vous interroger sur les changements d’habitudes ou de comportement de votre proche. Il l’interrogera ensuite sur sa mémoire, sa concentration, etc.
Exemple de ces tests : http://papidoc.chic-cm.fr/577echelBlessedImprim.pdf


Comment prévenir au mieux la dépendance de ses proches âgés ?


Il existe des solutions pour essayer de retarder la dépendance chez les personnes âgées. Dans un premier temps, il faut que ces dernières restent dynamiques autant que possible. Cela peut passer par une marche quotidienne, des activités domestiques comme le bricolage ou le jardinage, ou même des activités physiques adaptées. A travers toutes ces activités, les personnes âgées peuvent ainsi travailler leur posture, leur équilibre et leur mobilité.

Il ne faut cependant pas oublier de stimuler son psychisme (sa mémoire, sa logique, etc.) à travers différentes activités comme des sudokus, des mots croisés, de la lecture, etc.

Le lien social est aussi un facteur important dans la prévention de la dépendance. En effet, en ne vivant pas isolés, vos proches âgés peuvent ainsi bénéficier d’une compagnie enrichissante et stimulante. Mais cela vous permet aussi de vous rendre compte plus facilement de changements pouvant être dus à un début de perte d’autonomie.

LiNote peut jouer un rôle prépondérant dans ce maintien du lien social. En effet, même en étant à distance de votre proche en situation de dépendance, vous pourrez interagir avec lui pour lui rappeler ce qu’il a prévu pour la journée, ou de prendre ses médicaments par exemple.

Le financement de la dépendance

Comme dit au début de cet article, une situation de dépendance peut avoir un coût important. Mais il existe plusieurs aides financières possibles.

Le soutien de l’Etat face à la perte d’autonomie

Dans un premier temps, l’Etat peut être un soutien à travers l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). Cette aide, disponible à partir de 60 ans, peut être attribuée à votre proche qu’il soit en établissement spécialisé ou à domicile. Son montant dépendra surtout de son niveau de dépendance, qui sera évalué avec la grille AGGIR. Par exemple, une personne reconnue en état de totale dépendance (GIR 1) pourra percevoir jusqu’à 1 757,49 € si elle vit à son domicile.

Si votre proche vit dans un établissement spécialisé, il pourra également être éligible aux aides au logement (APL ou ALS). Ces dernières pourront participer à ses frais d’hébergement par exemple.

Plus d’informations sur les aides de l’Etat : https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/beneficier-daides

L’assurance dépendance, une assurance spécifique à la situation

Potentiel complément aux aides de l’Etat, l’assurance dépendance vient apporter un autre soutien financier à une personne ayant perdu son autonomie. En effet, en cas de dépendance totale ou partielle (avérée par un professionnel), la personne assuré peut percevoir une rente viagère. Cette dernière peut servir à financer, par exemple :

  • L’aménagement du domicile,
  • L’emploi d’une aide à domicile ou autre service d’assistance,
  • Les frais d’hébergement en établissement spécialisé.

Quand souscrire ce type d’assurance ?

Il est généralement conseillé de réfléchir à cette assurance dépendance entre 50 et 60 ans. Et cela, même s’il est normalement possible d’y souscrire après. Mais d’autres facteurs peuvent entrer en jeu. En effet, en cas de problèmes de santé récurrent, une souscription le plus tôt possible peut permettre d’anticiper et d’éviter une surprime suite à une maladie ou autre.

Et, évidemment, le prix des cotisations varie avec l’âge. Pour une souscription à 50 ans, la cotisation moyenne sera de 30 €. Elle passera à 55 € pour une souscription à 60 ans, et même à 100 € pour une souscription à 75 ans.

Plus de détails à ce sujet : https://bonne-assurance.com/prevoyance/classement/meilleures-assurances-dependance/

Les choses utiles à savoir sur l’assurance dépendance

Comme pour tout contrat d’assurance, il y a un certain nombre de choses à savoir sur l’assurance dépendance :

  • Généralement, il est impossible d’y souscrire pour les moins de 40 ans et les plus de 75 ans.
  • Il existe des profils à risques qui peuvent se voir refuser cette assurance ou se voir appliquer une surprime. Pour chaque demande de souscription, il faut, en effet, remplir un questionnaire médical qui peut vous catégoriser comme ‘‘à risques’’ si votre risque de dépendance est plus élevé.

Il faut également faire attention à certains points en fonction de son profil. Par exemple, il existe des délais de carence et de franchise. Le premier correspond au laps de temps durant lequel l’assureur ne prendra pas en charge votre dépendance. Par exemple, si vous souscrivez un contrat d’assurance dépendance le 1er mai et que ce contrat inclut un délai de carence de 6 mois. Si, suite à une maladie, vous perdez votre autonomie avant le 1er novembre, l’état de dépendance ne sera pas couvert. Le délai de franchise, quant à lui, correspond au temps qu’il faudra à votre assureur pour vous indemniser après la déclaration de l’état de dépendance.

Il est important de se pencher également sur les exclusions de chaque contrat. Certains peuvent appliquer un délai de carence si l’état de dépendance est dû à une maladie.

(1) Chiffres tirés de l’étude faite par le gouvernement, plus d’informations : https://solidarites-sante.gouv.fr/affaires-sociales/personnes-agees/concertation-grand-age-et-autonomie/article/grand-age-et-autonomie-les-chiffres-cles

Personnes âgées et dépendance : choses utiles à connaitre pour les familles