Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un mal qui peut toucher toutes les personnes âgées de manière subite et très souvent fatale : le syndrome de glissement.
A la fin de votre lecture, vous saurez non seulement comment repérer les signes annonciateurs, mais surtout ce que vous pouvez faire pour l’empêcher ou l’arrêter.
Mais tout d’abord, qui suis-je pour pouvoir vous apporter des conseils pertinents sur ce sujet sensible ?
Je suis Amélie Wallyn, ergothérapeute depuis 2012, et après avoir encadré une Équipe Spécialisée Alzheimer (ESA), je suis également devenue auteur et conférencière dans l’accompagnement des aidants pour le maintien à domicile de leur proche âgé, en particulier pour un proche souffrant de troubles cognitifs.
Pour beaucoup, vous avez entendu parler du syndrome de glissement pour la première fois aux informations pendant les périodes de confinement. Les personnes âgées, choquées et angoissées se laissaient dépérir.
Malheureusement, ce symptôme ne se développe pas uniquement dans des périodes aussi déstabilisantes que celle que nous avons tous vécu récemment.
Quand le syndrome du glissement survient-il ?
Le syndrome de glissement peut survenir après une maladie ou une opération, même si celle-ci s’est très bien passée. Il peut aussi se développer suite au déménagement d’un membre de la famille, le décès d’un proche, ou juste un changement d’habitude (comme le remplacement d’une aide de vie qui venait depuis des années, ou la fin d’un club de cartes).
🍽️ La personne ne se sent pas en forme et ne mange pas, elle n’a envie de rien.
💤 Cela évolue au point où elle n’a plus envie de se lever du lit ou du fauteuil, même pour aller aux WC ou à la salle de bains.
🌡️ Elle perd toute autonomie et s’affaiblit très rapidement. Elle est dénutrie et fragile face aux infections.
➰ Des étourdissements peuvent provoquer une chute.
🛁 Un manque d’hygiène intime couplé à une incontinence peuvent engendrer des infections urinaires.
🩹 L’immobilité peut provoquer des escarres.
Et malheureusement, c’est ainsi que la personne peut décéder du syndrome de glissement.
85% des personnes atteintes d’un syndrome de glissement décèdent en moins d’un mois !
En étant prévenu, vous pouvez agir et diminuer le risque d’une issue fatale !
En préventif, alertez-vous au moindre changement de comportement en ce sens qui suit un bouleversement ou un changement dans la vie de votre proche. Et soyez présent un maximum pour lui remonter le moral et lui changer les idées.
Si votre proche souffre déjà du syndrome de glissement
Alertez rapidement son médecin. Des compléments alimentaires pourront être prescrits pour éviter la dénutrition, des soins à domicile pourront être proposés également. Dans un cas avancé, une hospitalisation sera envisagée pour éliminer les infections, réhydrater et réalimenter la personne malade.
Mais votre proche a surtout besoin de vous. Énormément.
Au point où, je ne le cache pas, cela peut être épuisant pour vous. Alors n’hésitez pas à déléguer certaines tâches à d’autres membres de la famille, à des amis. Chacun peut au moins passer un petit appel de temps en temps pour lui remonter le moral.
Ce dont votre proche aura le plus besoin, c’est de votre présence, physiquement ou à distance :
- Essayez de cumuler différents moyens d’être là pour lui :
des visites, des appels téléphoniques, des cadeaux, du courrier dans la boîte aux lettres, etc.
Également très efficaces, les appels en visio sont beaucoup plus vivants que des appels classiques : ils permettent à la personne de voir votre sourire, d’avoir l’impression que vous êtes près d’elle. Et en plus, cela vous permet de vérifier discrètement que la personne s’est habillée et a ouvert ses volets.
💡 Astuce si votre proche ne sait pas utiliser la technologie
LiNote est une solution extrêmement facile d’utilisation pour réaliser ces appels visio qui feront du bien à votre proche, et qui vous rassureront en même temps.
- N’hésitez pas, si vous le pouvez, à prendre aussi de temps en temps un repas avec votre proche. On mange beaucoup mieux lorsque l’on est accompagné.
- Progressivement, proposez-lui de refaire certaines activités. Un puzzle ensemble, un tour à la boulangerie à deux pour vous choisir une pâtisserie, un restaurant avec ses petits-enfants.
N’hésitez pas à lui proposer des choses, et restez souriant même si votre proche refuse (et que vous êtes lassé de cette situation). Cela lui fait tout de même plaisir de voir que vous pensez à lui.
N’oublions pas que malheureusement, avec la perte de leurs capacités et la diminution de leurs sorties et de leurs activités, nos proches âgées n’ont souvent plus que nous pour les distraire et apporter un sens à leur fin de vie.
Alors faisons de notre mieux pour leur donner la plus belle des raison de se lever le matin : savoir que la journée sera pleine d’amour.
Amélie Wallyn,
Ergothérapeute spécialiste du maintien à domicile de la personne âgée et de la stimulation cognitive. Co-fondatrice de la Méthode MALO.
