Une hospitalisation prend fin, mais le retour à domicile ne s’improvise pas — surtout quand la personne rentre diminuée, fatiguée, avec des soins à assurer et des tâches du quotidien qu’elle ne peut plus gérer seule. Des aides existent pour faciliter cette période, mais la plupart ont une contrainte peu connue : les démarches doivent être lancées avant la sortie ou dans les 48 heures qui suivent. Ce guide détaille les dispositifs disponibles pour obtenir une aide à la sortie d’hospitalisation — qui contacter, ce à quoi vous avez droit, et comment l’organiser.
Agir avant de quitter l’hôpital
Le retour à domicile après une hospitalisation ne se prépare pas la veille. Plusieurs dispositifs d’aide sont conditionnés à une demande effectuée pendant le séjour hospitalier ou dans un délai très court après la sortie. Passé ce délai, certaines portes se ferment.
L’assistante sociale hospitalière : le bon interlocuteur
Chaque établissement hospitalier dispose d’une assistante sociale dont c’est précisément le rôle d’anticiper le retour à domicile des patients. C’est elle qui peut :
- évaluer les besoins à domicile (soins, aide quotidienne, sécurité)
- initier les démarches auprès de la CARSAT pour l’ARDH
- orienter vers les prestataires locaux d’aide à domicile, de portage de repas ou de téléassistance
- coordonner avec le service social de la CPAM si un suivi médical post-hospitalisation est nécessaire
Pour la contacter, il suffit de demander au cadre infirmier de l’unité. Il n’est pas nécessaire d’attendre que l’hôpital prenne l’initiative — vous pouvez solliciter ce rendez-vous dès les premiers jours d’hospitalisation.
Ce que l’hôpital prépare à la sortie
À la sortie, l’hôpital remet en principe un compte-rendu d’hospitalisation avec les ordonnances de soins à poursuivre à domicile (médicaments, infirmier, kinésithérapie). Ce document est essentiel : c’est lui qui permet à votre médecin traitant de reprendre le suivi et à d’autres prestataires de s’y référer.
Le délai critique des 48 heures
Le principal dispositif d’aide financière à la sortie — l’ARDH — doit être sollicité avant la sortie ou au plus tard dans les 48 heures suivant le retour à domicile. Ce délai est strict : une demande tardive est refusée, quelle que soit la situation. Il ne s’agit pas d’une formalité à gérer « quand vous aurez le temps » une fois rentré.
L’ARDH : le dispositif principal
L’ARDH — Aide au Retour à Domicile après Hospitalisation — est le principal dispositif d’aide financière destiné à faciliter le retour chez soi après un séjour hospitalier. Elle est gérée par la CARSAT (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail), soit le même organisme que votre caisse de retraite.
Qui peut en bénéficier
Deux conditions cumulatives :
- Avoir 55 ans ou plus au moment de la sortie
- Retourner à son domicile — l’ARDH n’est pas accessible à ceux qui sont orientés vers un EHPAD, une résidence médicalisée ou un autre établissement
La nationalité et le régime de retraite (salarié, indépendant, agricole) n’entrent pas en compte : tous les assurés relevant d’une CARSAT sont éligibles sous réserve des deux conditions ci-dessus.
Ce que l’ARDH finance
Le plan d’aide est personnalisé selon les besoins évalués par l’assistante sociale. Il peut couvrir trois types de prestations :
Au quotidien : aide ménagère, auxiliaire de vie, portage de repas à domicile, livraison de courses.
Pour la sécurité : installation d’un dispositif de téléassistance (bouton d’alerte), aides techniques telles que barres d’appui, siège de douche ou rehausseur de toilettes.
Pour les soins : dans certains cas, l’ARDH peut contribuer à financer des soins infirmiers ponctuels non couverts par l’Assurance Maladie.
Montant et durée
- Durée maximale : 3 mois à compter du retour à domicile
- Plafond total : 1 800 € de prestations, toutes charges comprises
- Participation financière : entre 10 % et 75 % selon les ressources — les revenus modestes participent peu
Ce n’est pas une aide permanente : elle est conçue pour la période de fragilité qui suit l’hospitalisation, le temps de récupérer ou de mettre en place un dispositif plus durable.
Comment faire la demande
La demande doit être faite par l’assistante sociale de l’hôpital, qui remplit le formulaire et l’adresse directement à la CARSAT. Si ce canal n’a pas été activé pendant le séjour, il est possible de contacter soi-même sa CARSAT dans les 48 heures suivant la sortie.
Le service PRADO de l’Assurance Maladie
PRADO — Programme de Retour À DOmicile — est un service de l’Assurance Maladie distinct de l’ARDH. Les deux sont complémentaires : là où l’ARDH finance des prestations d’aide à la vie quotidienne, PRADO coordonne la continuité des soins médicaux.
Ce que PRADO organise
Un conseiller de l’Assurance Maladie rencontre le patient à l’hôpital avant sa sortie pour organiser :
- Le premier rendez-vous avec le médecin traitant
- La mise en place d’une infirmière libérale pour assurer la continuité des soins
- Si nécessaire, la prise en charge par un kinésithérapeute
Tout est organisé avant la sortie : le patient rentre chez lui avec des rendez-vous déjà pris, pas une liste de professionnels à appeler.
Pour quels types d’hospitalisation
PRADO a d’abord été déployé pour la maternité et la chirurgie orthopédique (prothèse de hanche, prothèse de genou). Il a depuis été étendu à d’autres situations : insuffisance cardiaque, broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), plaies complexes. Le périmètre varie selon les établissements et les régions.
Les soins médicaux à domicile
Selon la nature de l’hospitalisation et les soins à poursuivre, différentes structures peuvent intervenir à domicile. Elles ne sont pas interchangeables : chacune répond à un niveau de besoin distinct.
L’infirmier libéral (IDEL)
C’est la solution la plus courante après une hospitalisation courte. Sur prescription médicale établie par le médecin à la sortie de l’hôpital, un infirmier libéral intervient au domicile pour les injections (anticoagulants, insuline), les pansements et soins de plaie, la surveillance post-opératoire, et la distribution et vérification de la prise des médicaments.
Ces soins sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre d’une sortie d’hospitalisation, sans avance de frais si l’infirmier est en secteur 1.
Le SSIAD (Service de Soins Infirmiers À Domicile)
Le SSIAD est une structure d’équipe (infirmiers coordinateurs, aides-soignants) qui intervient pour des personnes ayant besoin de soins réguliers sur une durée prolongée — plusieurs semaines ou mois. Il est particulièrement adapté aux suites d’hospitalisation longue ou aux situations de dépendance partielle.
Le SSIAD est prescrit par le médecin traitant et pris en charge par l’Assurance Maladie. Les places sont limitées dans certains secteurs — il peut y avoir un délai d’attente, ce qui renforce l’intérêt d’anticiper la demande avant la sortie.
L’HAD (Hospitalisation À Domicile)
L’HAD permet de poursuivre à domicile des soins qui nécessiteraient normalement une hospitalisation continue : perfusions, chimiothérapie, soins palliatifs, certaines rééducations intensives. C’est une extension de l’hôpital au domicile, avec des visites pluriquotidiennes de professionnels de santé.
Une prescription médicale de l’hôpital est obligatoire pour accéder à l’HAD. Elle n’est pas décidée par le patient ou sa famille, mais proposée par l’équipe médicale hospitalière quand la situation le justifie.
Organiser le quotidien pendant la convalescence
Les soins médicaux ne couvrent pas tout. Rentrer chez soi après une hospitalisation, c’est aussi faire face à des tâches du quotidien que la personne ne peut plus assumer seule — au moins temporairement. Plusieurs services peuvent être mis en place rapidement.
L’aide ménagère et l’auxiliaire de vie
L’aide ménagère prend en charge les tâches domestiques : ménage, lessive, repassage, courses. L’auxiliaire de vie va plus loin : elle aide pour les gestes du quotidien qui demandent un effort physique ou une assistance — toilette, habillage, lever et coucher, préparation des repas.
Ces deux types d’intervenants peuvent être financés en partie par l’ARDH (pendant les 3 mois post-hospitalisation) et, selon la situation, par les aides des caisses de retraite ou l’APA si la personne est reconnue dépendante.
Le portage de repas
Quand faire la cuisine est trop difficile en période de convalescence, le portage de repas permet de recevoir chaque jour un repas chaud livré à domicile. Ce service est proposé par le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de la commune ou par des prestataires privés. Il peut être activé en quelques jours.
La téléassistance
Le risque de chute est particulièrement élevé dans les semaines qui suivent une hospitalisation : fragilité physique, médicaments qui modifient l’équilibre, repères à domicile à retrouver. Un dispositif de téléassistance — bouton d’alerte porté autour du cou ou au poignet — permet d’alerter immédiatement en cas de malaise ou de chute. L’installation peut être faite en 24 à 48 heures et le dispositif peut être financé par l’ARDH.
La location de matériel médical
Certains équipements sont indispensables pour une convalescence à domicile : béquilles, déambulateur, fauteuil roulant, lit médicalisé électrique. Sur prescription médicale, ce matériel est pris en charge partiellement par l’Assurance Maladie et peut être loué auprès d’un prestataire de santé à domicile (PSAD) ou d’une pharmacie.
Maintenir le lien avec la famille à distance
La période post-hospitalisation est souvent une période d’isolement. La personne convalescente est fatiguée, ses sorties sont limitées, et ses proches — qui n’habitent pas toujours à côté — s’inquiètent sans pouvoir évaluer réellement comment elle va.
Les appels téléphoniques sont insuffisants : une personne fatiguée tend à minimiser ses difficultés pour rassurer ses proches, et ces derniers ne peuvent pas voir si elle mange correctement, si elle se déplace sans difficulté, ou si elle a l’air en forme.
La tablette LiNote est particulièrement utile pendant une convalescence : elle permet à la famille de garder un contact visuel régulier sans demander aucun effort au proche en récupération.
- L’appel vidéo se décroche automatiquement à la détection de présence — la personne n’a rien à faire.
- Les rappels de médicaments ou de soins sont programmés à distance par la famille et lus vocalement à l’heure prévue.
- Les photos et messages envoyés depuis l’application famille s’affichent en continu sur l’écran.
- L’horloge et le calendrier sont visibles en permanence — utile quand les journées se ressemblent en convalescence.
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