Comment gérer l’agressivité d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ?

Lorsqu’une personne souffre de la maladie d’Alzheimer, il peut lui arriver d’avoir des réactions agressives pouvant se manifester par des mots et/ou des gestes. Ces réactions peuvent porter atteinte à autrui et/ou à elle-même.

Dans la première partie de cet article, nous vous expliquons pourquoi les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer éprouvent parfois des sentiments de colère pouvant les pousser à s’exprimer de manière agressive. 

Dans la seconde partie de l’article, nous vous livrons quelques conseils qui pourront peut-être aider votre parent à apaiser son agressivité au quotidien. 
Enfin, dans la troisième partie, nous vous invitons à suivre quelques recommandations sur les comportements à éviter pour ne pas éveiller de nouvelles contrariétés chez votre proche. 

Pourquoi les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ont-elles des comportements agressifs ?

Tout d’abord, il faut savoir que les symptômes de la maladie d’Alzheimer ne se limitent pas uniquement à des troubles cognitifs comme des pertes de mémoire. D’autres symptômes comme des troubles de la reconnaissance (agnosie), des troubles du langage (aphasie), des troubles de l’orientation spatiale et temporelle ou encore des troubles de la gestuelle (apraxie) peuvent survenir. 
Comme ils sont difficiles à vivre au quotidien et qu’ils deviennent de plus en plus importants avec l’évolution de la maladie, des troubles de l’humeur (anxiété) et du comportement (agressivité) sont susceptibles d’apparaître. 

Les comportements agressifs sont généralement passagers mais peuvent parfois perdurer plusieurs années. On considère que les troubles comportementaux et émotionnels touchent 75 à 88% des personnes atteintes d’Alzheimer. 
L’agressivité peut se manifester par des agressions physiques (coups, jets d’objets, morsures, crachats,…) ou des débordements verbaux (sous-entendus désagréables, insultes, sautes d’humeur, hostilité,…)

Plus précisément, voici les principales raisons qui peuvent amener une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer à avoir ce type de comportements agressifs.

1. L’annonce du diagnostic est difficile à accepter

Dans le cadre de la maladie d’Alzheimer, les troubles de l’humeur et du comportement qui sont à l’origine d’une certaine agressivité peuvent être liés à la charge mentale provoquée par l’annonce du diagnostic. 

En effet, chez toute personne atteinte d’une pathologie importante comme celle d’Alzheimer, l’agressivité peut représenter un moyen pour la personne d’exprimer ses émotions (tristesse, colère, anxiété), ses inquiétudes (peur d’un placement en structure médicalisée, angoisse d’être alité, peur de mourir), ses doutes et ses contrariétés (atteinte de l’image de soi, perte de son autonomie)

2. Les troubles cognitifs sont épuisants au quotidien

D’après plusieurs chercheurs de l’Université du Kansas, la plupart des comportements agressifs présents chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer seraient en réalité liés à leurs troubles cognitifs
En effet, comme les pertes de mémoire sont récurrentes et qu’elles deviennent de plus en plus difficiles à supporter avec l’évolution de la maladie, elles finiraient par provoquer des réactions agressives chez les personnes qui en souffrent. 

3. Les traitements médicamenteux peuvent causer des effets indésirables

Pour apaiser certains symptômes de la maladie d’Alzheimer, les personnes qui en sont atteintes sont souvent amenées à prendre des traitements médicamenteux. Cependant, il n’est pas rare que ces médicaments soient à l’origine d’un certain nombre d’effets secondaires comme de forts maux de tête, des nausées, des douleurs, une constipation,… 
Face à l’inconfort provoqué par ces symptômes, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer deviennent plus irritables et peuvent parfois faire preuve d’agressivité

4. La perte d’autonomie est difficile à supporter

La perte d’autonomie causée par les symptômes de la maladie d’Alzheimer est souvent mal vécue par nos aînés. C’est aussi pour cette raison que les personnes atteintes d’Alzheimer peuvent être amenées à refuser violemment l’aide qui leur est offerte. 
L’incapacité à effectuer certaines actions de la vie courante peut ainsi générer :

  • des crises de colère
  • des sautes d’humeur ;
  • des difficultés à supporter certaines choses (comme des bruits, un retard) ;
  • des réactions déstabilisantes, désinhibées ou inappropriées (comme rire de façon exagérée pour rien, employer des mots vulgaires, faire preuve d’impudeur)

Comment aider son proche atteint de la maladie d’Alzheimer à apaiser ses comportements agressifs ?

#1. Identifier les différents facteurs à l’origine de son agressivité

Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas parce qu’une personne est atteinte d’Alzheimer et qu’elle souffre de pertes de mémoire que ses comportements sont dénués de sens. Au contraire, si votre parent éprouve une certaine agressivité, c’est très certainement parce qu’elle est pour lui un moyen de vous témoigner quelque chose

Ainsi, vous pouvez commencer par tenter de donner un sens à cette agressivité en essayant d’obtenir les réponses aux questions suivantes : 

  • Quand les comportements agressifs de mon proche ont-ils commencé ? 
  • Quelles sont les situations au cours desquelles mon proche devient agressif ?
  • Qu’est-ce que ces situations ont en commun ?
    (présence de certaines personnes, période de la journée,…).
  • Mon parent a-t-il des raisons de se sentir infantilisé ou forcé à effectuer quelque chose contre son gré ?
    (ex : vous l’incitez à prendre l’air à chacune de vos visites en pensant que cela lui ferait du bien mais cela l’agace et le pousse à devenir agressif). 
  • Mon parent a-t-il des raisons de penser que certaines décisions le concernant sont prises sans qu’il ait pu y apporter son avis ?
    (ex : une décision importante comme un déménagement a peut-être été prise sans tenir compte de son avis, ce qui a généré chez lui un sentiment d’incompréhension et de colère).
  • Mon parent a t-il été confronté à un ou plusieurs changements ces derniers temps (travaux au sein de son logement, déménagement, nouveau voisin, bruits extérieurs,…) ?
    Comme l’Alzheimer a tendance à diminuer la capacité d’adaptation, il est possible que votre parent soit anxieux en raison d’un changement et qu’il ne parvient à évacuer son stress que par l’agressivité. 
  • Mon parent souffre-t-il de problèmes physiques ?
    (infection, douleurs, baisse d’audition ou de vue,…)
  • Mon parent prend-il des traitements médicamenteux ?
    Si oui, nous vous invitons à noter les références de ces différents médicaments et de prendre rendez-vous avec le neurologue chargé des prescriptions. Il pourra peut-être lui proposer une alternative afin de vérifier l’hypothèse des médicaments comme perturbateurs de son comportement. 

💡 Bon à savoir
Malgré l’évolution de sa maladie, la communication avec votre proche doit toujours être maintenue. Aussi, il ne faudra pas hésiter à lui répéter les choses plusieurs fois si cela est nécessaire. En effet, il n’est pas impossible que votre parent vous reproche de ne pas l’avoir informé d’un événement alors que vous l’avez pourtant fait. De plus, il faut savoir que pour un parent, voir les rôles parents/enfants s’inverser est parfois très pénible et difficile à supporter. 
Ainsi, lorsque vous souhaitez proposer une activité à votre proche en pensant à son bien-être, nous vous recommandons d’essayer de trouver des arguments solides, susceptibles de le convaincre pour qu’il n’ait pas le sentiment que vous le forciez à faire quelque chose. Pour cela, n’hésitez pas à tenir compte de ses différents centres d’intérêts. Par exemple, si votre parent a passé son enfance en campagne et qu’il adore les animaux, vous pouvez utiliser cet argument pour l’inciter à sortir de chez lui : il pourra contempler des oiseaux, des écureuils, des vaches, des chevaux,… 

#2. Prenez le temps d’écouter votre proche

Il est aussi possible que votre parent ait un comportement agressif car ses symptômes l’empêchent de réaliser ses activités de la journée en toute autonomie. Lorsque vous lui rendez visite, n’hésitez pas à lui poser des questions sur son bien-être

  • Comment se sent-il ? 
  • Quelles sont les activités prévues au cours de sa semaine ? 
  • A-t-il besoin de quelque chose pour se sentir moins seul/bénéficier d’un meilleur confort/être plus autonome ?

Le temps de votre visite, n’oubliez pas d’être souriant, agréable et optimiste même si votre parent semble attristé ou agressif. Faites preuve d’empathie et n’hésitez pas à lui rappeler qu’il est tout à fait normal et légitime qu’il ressente de la colère, de la tristesse et de la solitude. Veillez bien sûr à ne pas utiliser un ton moralisateur. N’essayez pas non plus de le convaincre d’aller bien. Faites surtout preuve d’écoute active en utilisant un ton rassurant et réconfortant. Votre présence bienveillante pourra l’aider à s’apaiser et à lui mettre du baume au cœur.

Voici quelques tournures de phrases qui pourront peut-être vous aider à échanger avec votre proche : 

  • “Je ressens que quelque chose ne va pas”
  • “Je vois que tu n’es pas content(e), dis-moi ce qu’il se passe”
  • “Explique-moi ce qui t’énerve, je suis là pour t’écouter”
  • “Je comprends ta peine et ta colère”
  • “Je comprends que cela soit frustrant”

Si vous sentez que votre proche est ouvert à la discussion, vous pourrez aussi chercher avec lui des solutions qui lui permettraient d’apaiser ses symptômes et d’être plus serein au quotidien

#3. Proposez-lui de mettre en place des solutions pour apaiser l’irritabilité causée par ses troubles cognitifs

Solution 1 : l’étiquetage

Pour aider votre proche à retrouver facilement l’emplacement de ses affaires, vous pouvez apposer des étiquettes :

  • sur les portes pour indiquer la pièce qui se trouve juste derrière (cuisine, toilettes, salles de bain,…) et ainsi l’aider à réduire ses troubles de désorientation spatiale ; 
  • sur les portes des placards et les tiroirs des meubles pour lui rappeler ce qu’ils contiennent ; 
  • sur certains objets (comme le frigo, le téléphone,…) pour rappeler leurs fonctionnalités ; 
  • sur certains produits (comme le liquide vaisselle, le savon, les produits d’entretien, …) pour rappeler leur usage

Si votre parent commence à avoir des troubles de la reconnaissance importants, vous pouvez également recommander aux amis et à la famille qui viennent lui rendre visite de porter une étiquette sur laquelle est inscrite leur prénom
Ces petites actions permettront à votre proche d’être moins angoissé à l’idée de se tromper. En effet, lorsque les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer comprennent qu’elles font erreur, elles peuvent avoir tendance à être vexées et à se renfermer sur elles-même. 
Si vous mettez en place des petites attentions destinées à lui éviter ces écueils, votre proche sera plus apaisé et aura moins de raisons d’être victime de comportements agressifs

Solution 2 : l’aide-mémoire numérique LiNote

Pour aider votre parent à adopter une routine quotidienne rassurante, vous pouvez aussi lui proposer l’aide-mémoire numérique LiNote. Grâce à elle, votre proche pourra visualiser son emploi du temps tous les jours, ce qui lui permettra de ne pas oublier de :

  • prendre ses médicaments ; 
  • se rendre à un rendez-vous (ex : médecin, coiffeur, activité physique adaptée) ; 
  • accueillir un visiteur (ex : un technicien, une aide à domicile) ;
  • souhaiter l’anniversaire à ses petits-enfants ;
  • etc. 

De plus, grâce à LiNote, vous pourrez envoyer des “rappels” à votre proche à distance et à n’importe quel moment de la journée à partir d’un smartphone, d’une tablette ou d’un ordinateur. Les messages de rappels s’affichent automatiquement sur l’écran de LiNote à l’heure que vous avez choisi. Ils permettront de rassurer votre parent au quotidien. En effet, comme il aura moins de raisons d’être stressé à l’idée d’oublier de faire quelque chose, il aura également moins de chances de ressentir un sentiment d’échec, risquant de réveiller en lui une certaine irritabilité.
Aussi, pour lui apporter un maximum de repères et pallier ses troubles de désorientation temporelle, LiNote affiche en continu une horloge Alzheimer qui indique : l’heure, la date du jour et le moment de la journée (matin, après-midi, soir)

#4. Proposez-lui de participer à des thérapies non médicamenteuses

La musicothérapie

Les scientifiques préconisent l’écoute de la musique pour réduire les troubles du comportement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. En effet, d’après plusieurs études, il semblerait que les ateliers de chant permettent de lutter contre l’apathie (qui correspond à une incapacité à réagir, à une absence d’énergie) et d’encourager la communication à travers le langage verbal. 
À la fois stimulante et relaxante, la musique participerait également à la libération de dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans la motivation, la motricité, les apprentissages et la mémoire
L’écoute de musique douce permettrait notamment d’apaiser les symptômes d’anxiété et les comportements agressifs tout en facilitant l’encodage de nouvelles informations au sein du cerveau. 

L’art-thérapie

L’art-thérapie est considérée comme une forme de psychothérapie qui se sert de la création artistique (peinture, sculpture, dessin, collage, danse, théâtre,…) afin de permettre aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer de bénéficier d’un autre moyen d’expression que la parole. En leur permettant d’exprimer leurs émotions librement, les ateliers d’art-thérapie favorisent leur bien-être, apaisent leur anxiété, calment leur agitation et réduisent leurs crises d’agressivité

La médiation animale

La médiation animale peut être caractérisée comme une relation d’aide (à visée préventive ou thérapeutique) apportée par la présence d’un animal dans le but d’améliorer la qualité de vie de celui qui en bénéficie. Ces dernières années, la médiation animale s’est beaucoup développée au sein des EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) car elle a de nombreux effets positifs chez l’ensemble des résidents : elle permet notamment de les apaiser et de leur redonner le sourire
D’après une étude américaine réalisée en 2007, la médiation animale est une thérapie très efficace pour réduire les troubles du comportement que l’on peut retrouver chez les personnes souffrant de démence. La présence de l’animal suffirait à procurer une profonde sensation de détente : elle permettrait d’apaiser l’anxiété, d’éloigner les tensions et de mieux réguler les émotions
Une autre étude américaine effectuée en 2011 a également souligné l’importance de la médiation animale dans la diminution de l’agitation, des troubles de la motricité et des comportements agités (agressivité verbale ou physique)

L’activité physique

L’activité physique est très recommandée chez les personnes qui souffrent de la maladie d’Alzheimer. Comme elle leur permet d’améliorer leur motricité et leur équilibre, elle contribue également à maintenir leur autonomie et à améliorer leur qualité de vie
De plus, la pratique d’une activité physique régulière permet de réguler les émotions et les troubles psycho-comportementaux de nos aînés. Elle contribue notamment à réduire les risques de dépression, d’apathie et les comportements agressifs

#5. Éloignez-vous si cela est nécessaire

Si l’agressivité de votre proche perdure est qu’elle est de plus en plus forte malgré la mise en place d’actions concrètes et de soutien, nous vous invitons à tenter une autre stratégie qui est celle de quitter la pièce à chaque fois que votre parent se met en colère pour qu’il se calme seul. Toutefois, veillez-bien à ce que votre proche ne soit pas en mesure de se faire du mal. Par sécurité, éloignez les objets pouvant le blesser. 
Si malgré votre éloignement, les crises d’agressivité ne cessent pas et repartent de plus belle à votre retour, nous vous invitons dans un premier temps à espacer vos visites. Vous pouvez également demander à d’autres personnes de votre entourage d’aller rendre visite à votre parent pour voir s’il adopte le même comportement avec elles.

Si avec l’évolution de sa maladie, les symptômes comportementaux ne cessent d’augmenter, nous vous préconisons de consulter les professionnels de la santé qui l’encadrent (médecin traitant, neurologue, gériatre, orthophoniste, psychologue,…) pour leur exposer votre problématique et leur demander leur avis médical. 

Lorsque la situation est ingérable et qu’elle affecte l’ensemble de la famille, un accueil au sein d’une unité de vie Alzheimer (présente dans la plupart des EHPAD) peut représenter une alternative intéressante. En effet, dans certains cas, il arrive que cette solution permette de conserver de bonnes relations avec son proche, qui apprend à évoluer dans un autre environnement au sein duquel il est amené à tisser de nouveaux liens sociaux. Bien évidemment, cette décision n’est pas à prendre à la légère et nécessite d’en parler longuement avec les différents membres de votre famille. 

Il est très important que vous gardiez à l’esprit que vous n’êtes absolument pas responsable de l’agressivité de votre parent et que votre proche ne souhaite pas volontairement vous blesser. S’il s’exprime de cette façon, c’est simplement parce qu’il ne parvient pas à trouver d’autre moyen pour communiquer ce qu’il a sur le cœur. Si vous êtes stressé(e) avant chacune de vos visites ou de façon permanente, n’hésitez pas à consulter un psychologue pour en discuter et bénéficier d’un véritable soutien

💡 Bon à savoir
Des “groupes de parole” ou des “cafés Alzheimer” destinés aux aidants sont parfois organisés pour leur permettre d’exprimer librement leurs émotions et leurs inquiétudes face à la situation. N’hésitez pas à vous renseigner auprès des associations Alzheimer situées à proximité de votre domicile.  

Qu’est-ce qu’une unité de vie Alzheimer ?

Une unité de vie Alzheimer est une structure spécialisée généralement présente au sein des EHPAD. Elle permet une prise en charge globale des personnes atteintes d’une forme de démence : 

  • une prise en charge psycho-sociale : ateliers de stimulation cognitive, activités thérapeutiques (musicothérapie, médiation animale, activité physique,…)
  • un environnement adapté et sécurisé : aménagement chaleureux, libre circulation des résidents et meilleurs repères pour pallier leur désorientation spatiale, dispositifs anti-fugue ;
  • un accompagnement et un projet de soins individualisés : thérapies médicamenteuses et non médicamenteuses adaptées à chaque résident. 

Les 6 comportements à éviter pour gérer au mieux l’agressivité de son proche

#1. Ne lui administrez jamais de médicaments

Si votre proche adopte soudainement un comportement agressif et que vous ne parvenez pas à le calmer, ne décidez jamais de lui administrer un médicament comme des neuroleptiques. En effet, il semblerait que ces médicaments puissent déclencher de graves effets secondaires chez les personnes souffrant de démence. 
Quoi qu’il arrive, l’administration de médicaments doit toujours tenir compte des prescriptions du médecin de votre proche et respecter la posologie qui est prévue. 

#2. Ne vous sentez pas personnellement agressé(e)

Comme nous l’avons déjà évoqué un peu plus haut, ce n’est pas parce que votre proche a des comportements agressifs à votre égard que vous êtes responsable de son agressivité. Ainsi, nous vous invitons à ne pas répondre à son agressivité par de l’agressivité
Même si votre proche va trop loin, gardez votre calme et éloignez-vous si vous sentez que cela peut dégénérer. Lui répondre de manière agressive avec des propos qui dépassent votre pensée risquerait de l’attrister profondément et d’affecter son moral. Comme l’Alzheimer a déjà tendance à rendre la personne plus vulnérable à la dépression, à l’anxiété chronique et aux insomnies, il est conseillé de tout faire pour éviter ce type de débordement. 

#3. N’ignorez pas son agressivité lorsqu’il va trop loin

Même si la réaction agressive de votre proche vous a blessé et que vous vous apprêtez à quitter la pièce, nous vous conseillons de lui témoigner que vous avez bien entendu sa colère afin de ne pas le laisser seul face à sa frustration
Si votre proche s’exprime à travers des comportements agressifs, c’est parce qu’il a besoin de manifester que quelque chose ne va pas. Ainsi, il est très important que vous lui fassiez comprendre en retour que vous avez bien perçu sa colère et que vous la comprenez. Cependant, vous ne pouvez la tolérer et c’est pour cette raison que vous préférez vous isoler. 

#4. Ne tenez pas de propos culpabilisants

Lorsqu’une personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer, ses proches doivent prendre conscience que les pertes de mémoire peuvent affecter des thématiques qui semblent pourtant évidentes. Ainsi, ne blâmez pas votre parent s’il a oublié le prénom de sa petite-fille ou s’il ne la reconnaît plus. Même si la situation crée un certain malaise, rappelez-lui seulement qu’il s’agit de sa petite-fille autant de fois qu’il le faudra. N’hésitez pas à évoquer des moments qu’ils ont passés ensemble pour tenter de lui rafraîchir la mémoire. Évitez les tournures de phrases comme : « comment peux-tu oublier le prénom de ta petite-fille ? » ou « je te l’ai déjà dit 10 fois ». 

#5. Ne prenez pas un ton accusateur lorsqu’il commet une erreur

Si vous retrouvez certaines affaires de votre proche dans des lieux inadaptés (par exemple, la montre dans le frigo), ne tentez pas de le lui faire remarquer en espérant que grâce à votre remarque il fera plus attention à ses faits et gestes la fois suivante. Malheureusement, la maladie d’Alzheimer ne fonctionne pas de cette façon. Bien qu’elles aient vocation à l’aider, ces remarques risqueraient de le braquer et il pourrait de nouveau s’exprimer avec agressivité
Essayez plutôt de réfléchir logiquement avec lui de manière bienveillante pour tenter de déterminer ce qui a pu amener sa montre à se retrouver dans le frigo. Pour cela, vous pouvez par exemple retracer avec lui les différentes actions qu’il a précédemment effectuées. Ce type de réflexion l’aidera davantage à stimuler ses fonctions cognitives et évitera de le blesser. 

#6. Ne vous improvisez pas “professionnel de la santé”

On le sait, il peut être tentant de vouloir aider son proche à travailler sa mémoire et ses capacités cognitives dans l’optique de freiner l’évolution de la maladie. Nous attirons votre attention sur le fait que pousser votre proche à effectuer des jeux ou des exercices pour tester sa mémoire ou ses fonctions du langage n’est pas toujours une bonne idée. 
Seuls les professionnels de la santé qui suivent régulièrement l’évolution de ses symptômes connaissent ses capacités et ses inaptitudes
Même si au premier abord, les exercices vous paraissent être ludiques, ces derniers peuvent aussi mettre en échec votre parent. S’il échoue face à vous, il risque de se sentir triste, déçu, en colère contre lui-même et/ou contre vous. Nous vous recommandons plutôt de prendre le temps de discuter avec lui, de lui manifester de l’intérêt et de la bienveillance. Si vous souhaitez entretenir sa mémoire, privilégiez le partage de souvenirs en vous appuyant sur des photos ou des objets, par exemple. 

Papi et Mamie
peuvent enfin recevoir des nouvelles de toute la famille !
Sans devoir apprendre à utiliser une tablette

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